Vers Compostelle sur les chemins de Saint-jacques
page établie en janvier 2004, mise à jour le 30 septembre, 2007
le logo de balisage des chemins défini par le Conseil de l'Europe  Les chemins de Compostelle, Itinéraire Culturel Européen 1987 - 2007

 
 

L'idée de promouvoir la dimension européenne des chemins de Compostelle était déjà présente au moment de l'année sainte 1965, sous l'impulsion de René de La Coste Messelière. Mais c'est à partir du début des années 1980 qu'elle a commencé à prendre corps. 1982 fut une année importante. Elle a été marquée par la demandee officielle déposée au Conseil de l'Europe par une association galicienne. En 1984, le Conseil de l'Europe recommandait de "s'inspirer de l'exemple (du chemin de Compostelle) comme point de départ d'une action relative à d'autres itinéraires de pèlerinage". Entre 1984 et 1987 la pression politique en faveur de l'Espagne a fait oublier ces autres itinéraires de pèlerinage au profit d'un seul. La ténacité de quelques initiatives privées, soutenues par des autorités locales a finalement permis de revenir, 20 ans après, aux vues exprimées à Strasbourg en 1984. Aujourd'hui les chemins de Saint-Jacques ne sont plus le seul Itinéraire de pèlerinage reconnu par le Conseil de l'Europe.

 

Chacun se souvient du discours de Jean-Paul II à Compostelle en novembre 1982 et de son appel à l'Europe pour qu'elle retrouve ses racines chrétiennes, moment fort de l'histoire de Compostelle.

Etape importante vers l'Itinéraire Culturel Européen de 1987, ce pèlerinage de Jean-Paul II a ouvert la voie à une utilisation politique contemporaine du mythe de Compostelle.

Le succès de Compostelle est en passe d'occulter les dévotions à saint Jacques en France et de faire oublier notre patrimoine national. Cet anniversaire donne l'occasion d'une information renouvelée donnant sa vraie place à Compostelle.
 
N'oublions pas non plus que devenus chemins de tolérance, les chemins de Saint-Jacques (Matamore) ont, dans l'histoire, conduit à l'Inquisition en Espagne et à l'expulsion des Juifs ... ni que des seigneurs chrétiens se sont parfois associés aux Sarrasins pour se battre entre eux.

Saint Jacques, passeur des âmes, vénéré ailleurs qu'à Compostelle ... 

La carte ci-contre montre le grand nombre de sanctuaires locaux où étaient vénérées des reliques de saint Jacques. Chacun était l'objet d'un pèlerinage. Ainsi à Echirolles, les échevins de Grenoble sont allés chaque année, jusqu'en 1721, implorer saint Jacques contre les crues du Drac.

Un corps de saint Jacques était vénéré à Toulouse, un autre à Angers. La Fondation a publié en 2006 un ouvrage relatant cette histoire d'Angers**.

Dans tous ces sanctuaires la légende de saint Jacques était racontée. Ils ont contribué au renom du sanctuaire galicien. Mais tous les pèlerins qui venaient y prier n'allaient pas à Compostelle.

Saint Jacques, auteur supposé de l'Epître qui recommandait l'onction des malades était vénéré comme "passeur des âmes". Beaucoup de pèlerins contemporains marchent pour faire un deuil.

Faire connaître la légende de Compostelle

 

La Fondation est à l'origine de la première traduction intégrale en français du Codex Calixtinus* connu aussi sous le nom de Jacobus, ou Livre de saint Jacques. Ce document est la base de toutes les légendes et de tout le merveilleux qui s'attachent à Compostelle. On y trouve les récits de la Translation miraculeuse de son corps vers la Galice, des miracles qui lui sont attribués ainsi que la légende de Charlemagne.

La recherche appliquée aux textes de ce manuscrit est riche d'enseignements. Elle a montré en particulier que les millions de pèlerins médiévaux dont on parle souvent ne résultent pas de dénombrements comme cela a été cru dans les années 1950. L'image, traduite en nombre de pèlerins, vient des foules d'élus marchant vers la Jérusalem céleste, image biblique que Compostelle s'est appliquée dans ce manuscrit.


Pour en savoir plus :
http://www.saint-jacques.info/millions_origine.htm

Carte d'itinéraires réels de pèlerins

itinéraires de pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle

Les itinéraires de pèlerins attestés ne suivent pas les "quatre chemins historiques" définis au XXe siècle par suite d'une mauvaise interprétation du Codex Calixtinus.


Ces quatre chemins reposent sur des hypothèses fausses. La plus diffusée des cartes qui les représentent est doublement fausse car elle a été datée de 1648. Très esthétique, vendue avec la référence des Musées nationaux, cette "forgerie", comme disait René de La Coste, connaît un succès constant.

Ceux qui la publient se gardent bien de dire la vérité. Ainsi, le Monde de la Bible, n° 159, 2004, écrit-il :

« Datée de 1648, cette carte a été reprise et complétée par D. Derveaux vers 1970 d’après un fond de carte d’inspiration ancienne ». Merveille d’hypocrisie pour continuer à entretenir une erreur en la couvrant du renom du titre et de  l’autorité de l'universitaire signataire de l'article.

Voir :
Quand les fausses cartes font la loi

Voir aussi : 
Le tracé du premier itinéraire Culturel Européen 

Pages du site de l'Institut européen des Itinéraires Culturels

 

Parmi les publications de la Fondation :

* La légende Compostelle, Le Livre de Jacques, Bernard Gicquel, professeur honoraire de l'Université du Mans, Paris,Tallandier, 2003, première traduction intégrale en français du Codex Calixtinus

** Recherche et avis sur le corps de saint Jacques à Angers, fac-similé de l'ouvrage de Claude Ménard, publié à Angers en 1610, transcrit et annoté par Denise Péricard-Méa, préface de Nicole Lemaitre, professeur à Paris I,  collection Autour de Compostelle, Fondation et éditions Atlantica-Séguier, 2006

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