Vers Compostelle sur les chemins de Saint-Jacques
page établie en février 2003
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Les chemins de Compostelle

Déjà en 1836, dans un article intitulé «Les pèlerins du Moyen Age», publié dans le journal Le Magasin pittoresque, (p. 348-350) un auteur (anonyme) prônait les pèlerinages comme l’un des moyens de réconcilier des peuples divisés. Toutes proportions gardées, cet article est d’une étonnante actualité. Le 20ème anniversaire de la désignation des chemins de Compostelle comme premier Itinéraire Culturel du Conseil de l'Europe est une occasion de rappeler cette lointaine origine.
Les pèlerins ont été nombreux dans l'Europe médiévale en marche vers d'innombrables sanctuaires. La Commission de la Culture du Conseil de l'Europe y avait reconnu en 1984 "une première étape vers l'interculturalisme et l'unité européenne". Elle avait encouragé "la sauvegarde et à la promotion des itinéraires de pèlerinage". Mais en 1987, seul le pèlerinage à Compostelle, soutenu par une promotion active a été retenu comme Itinéraire Culturel. Il a fallu attendre 10 ans pour que la Via Francigena le soit.
Les chemins de Compostelle ont ainsi pris une dimension et une valeur symboliques qu'ils n'avaient jamais eues auparavant. En effet, il n'existait pas, de chemin de pèlerinage spécfique. Même le Camino francés ne peut revendiquer ce qualificatif.

Les "chemins de Saint-Jacques de Compostelle" sont une invention contemporaine . Ils répondent à des besoins de notre époque :
• retour à la nature, développement de la marche comme activité sportive ...
• recherche et approfondissement spirituel personnel, fuite de la société de consommation, besoin d'évasion
• nécessité de traverser une période cruciale (entrée dans la vie active, deuil, retraite ...)
• symbole européen d'ouverture, de tolérance et de partage.
Ce sont des réalités d'aujourd'hui, plaquées sur un imaginaire médiéval construit pour une grande part au XIXe siècle et encouragé par les initiatives de deux papes : Léon XIII avec l'authentification des reliques, et Jean-Paul II avec l'organisation des JMJ en 1989.
Le nom de via Podiensis, vient du dernier Livre du manuscrit du XIIe siècle conservé à Compostelle, le Codex Calixtinus, évidemment écrit en latin. Ce Livre a été traduit en français en 1938. Dans l'ambiance du tourisme moderne, il a été considéré à tort comme un guide qu'utilisaient les pèlerins médiévaux. Le nom via podiensis est utilisé aujourd'hui pour désigner l'itinéraire tracé en 1970 à partir du Puy, dénomination censée renforcer son caractère médiéval.

Il y a 20 ans, les politiques s'en sont emparés (déclaration de 1984 du Conseil de l'Europe ) et un directeur espagnol de cette institution a su mettre Compostelle au service de l'idée du rapprochement des peuples européens et faire des chemins de Compostelle le premier Itinéraire Culturel défini par le Conseil de l'Europe. Dés 1982, Jean Paul II avait donné le ton en rappelant depuis Compostelle les "racines chrétiennes de l'Europe" .

Voilà à partir de quoi se sont construits les chemins d'aujourd'hui.
Maintenant, en France, chaque département veut avoir son bout de "chemin de Saint-Jacques" et des villes se disputent la manne que les pèlerins sont censés représenter.
Dans les siècles passé, les pèlerins empruntaient les chemins et les routes de tous les autres voyageurs, ils fréquentaient les mêmes auberges, étaient reçus par les mêmes hôpitaux. Tous n'allaient pas à Compostelle comme l'enthousiasme des premiers chercheurs contemporains l'a laissé croire. Au Moyen Age, ils allaient à de nombreux lieux de pèlerinage y vénérer des reliques . Il y avait une côte de saint Jacques à Sallanches et même un corps entier à Echirolles , près de Grenoble. Tous ces cultes nous ont légué un important patrimoine souvent négligé par ceux qui analysent tout en fonction de Compostelle.
Les liens soulignés donnent des détails sur tous ces points et sur beaucoup d'autres, en particulier les origines lointaines de la légende de saint Jacques et la dimension politique d'un saint connu aussi sous le nom de Matamore.

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